Restauration part.2 : la réfection châssis

La plate-forme poutre de la VW lui confère une très bonne rigidité globale, et si l’épine dorsale de notre insecte préféré est quasiment indestructible, il n’en n’est pas de même des planchers et des profilés sur lesquels la coque est boulonnée.
Il est donc logique, dans le cadre d’une restauration dans les règles de l’art, de s’occuper en premier lieu du chassis […]

Tout d’abord, un petit peu de dialectique… Le terme “chassis” peut recouvrir deux choses:

La plateforme ET ses trains roulants La plateforme nue
La plateforme et ses trains roulants La plateforme de la Cox

Dans cette article, nous étudierons la réfection de la plateforme, les trains roulants et le moteur seront traités dans des dossiers ultérieurs…

Assez logiquement, on passe par l’étape “Plateforme et trains roulant” avant de se retrouver avec la plateforme nue… Avant de tout démonter, il convient d’ausculter les planchers pour déterminer à ce moment si il seront remplacés ou restaurés en fonction de leur état… Si vous décidez de les remplacer, vous pouvez le faire sans démonter les trains roulants ou choisir de tout démonter (notre conseil). Par contre, si vous décidez de “seulement” les restaurer, il faudra en passer par le démontage total… La raison ? Le sablage de la plateforme ! En effet, les organes de direction, suspension ou moteur ne s’accomodent pas du sablage…

Notre conseil, si vous rencontrez de la corrosion perforante, est de procéder au remplacement des planchers, le sablage “simple” étant à réserver aux chassis les plus sains.Le remplacement des 1/2 planchers, ou de la tôle sous batterie (très exposée en raison des fuites d’acide) est la solution la plus fiable qui permet de repartir pour de longues annéees sur des bases très saines… Corrosion perforante à l'emplacement de la batterie et aux places AR

1) Restauration de la plateforme: le sablage

Une fois démontés tous les organes rapportés sur la plateforme, on veillera à boucher tous les trous afin que le sable sous pression ne s’introduise pas dans la poutre qui renferme la tringlerie de BV et diverses canalisations techniques…

On se préparera ensuite à procéder au sablage proprement dit, en extérieur, car ça décoiffe et ça vole partout ! La sableuse pourra être un appareil spécifique loué pour l’occasion ou un nettoyeur haute pression, équipé du kit sablage ad-hoc. Il faudra également prendre soin de porter un équipement de protection…

Dessus... Dessous...
Une fois la tôle mise à nu, il faudra aller très vite… Si le sablage n’a pas révélé de nouveaux problèmes imposant en fin de compte le remplacement des planchers, il faut protéger la tôle ainsi décapée au plus vite, car l’humidité de l’air, qui n’est jamais nulle peut initier de nouveaux départs de corrosion…Qui n’a jamais décapé une plaque de tôle et constaté qu’elle était piquée au bout de 48h ?

Le chassis sera donc immédiatement recouvert d’une couche d’apprêt antirouille (phosphatant, par ex.) afin de le protéger des attaques extérieures, en attendant les opérations de finition…

Le chassis sortant du sablage

2) Remplacement des planchers

Si l’état de la plateforme révêle avant même le sablage des perforations des planchers ou des profilés latéraux, le remplacement des 1/2 planchers va s’imposer. Opter dès le départ pour cette solution vous épargne l’épreuve du sablage et n’est au final pas très onéreuse, chaque demi-plancher de remplacement coûtant entre entre 300 et 800 F, selon la qualité choisie. Nous n’allons pas encore rabâcher là dessus mais ne chippotez pas à 200 ou 300 F puisque vous êtes partis dans une restauration sérieuse…

Un 1/2 plancer de remplacement

Attention également à ne pas vous tromper dans les références, car il existe trois références selon votre millésime, sans parler des G/D… A noter qu’il existe des 1/4 de planchers, si les dégats sont vraiment localisés et même des tôles spécifiques à l’emplacement de batterie… On retrouve également toutes les tôles de réparation pour les chassis de Karmann-Ghia typ14 (et donc pour 181) mais c’est beaucoup moins évident pour les type 3 et 34…

Pour remplacer les tôles, il faut de toute évidence “débarrasser le plancher”… La disqueuse va entrer en action pour découper le vieux métal, en prenant soit de ne pas entamer les parties d’appui des poutres centrales et transversales… Une fois les planchers éliminés, on prendra soin de faire sauter la partie résiduelle du plancher sur la poutre centrale. Comme il s’agit de soudage par points, un marteau et un burin bien aiguisé sufiront. Pensez à protéger vos mains, la tôle ainsi découpée peut faire des ravages sur la chair nue…

La découpe du plancher droit Le nettoyage du rebord de la poutre

Ainsi dépouillée, il ne reste plus de la plateforme que la poutre centrale et les supports transversaux… Nous allons pouvoir positionner et souder les planchers neufs.

Le chassis... dans sa plus simple expression !

Va venir ensuite le travail de positionnement des planchers neufs… pas d’approximation, car les trous doivent correspondre pour le boulonnage de la coque !! Une ou deux pinces étaux peuvent se révêler utiles pour le blocage en position, voire 1 ou deux perçage et immobilisation par boulons… La soudure se fera de préférence par ruban, puisque l’on ne peut souder par point comme initialement. Quelques heures plus tard, on se retrouve avec une plateforme comme neuve !

Dessus... Dessous...

A noter qu’il est très important de protéger les soudures par un traitement antirouille, les opérations de chauffage au rouge ayant détruit tous apprêts et peintures initialement passés. N’hésitez pas à badigeonner et à faire “couler”, notamment sous le chassis, à l’endroit ou le plancher repose sur le retour de poutre centrale…

3) Le traitement de surface final…

Que vous ayez simplement sablé un chassis sain ou remplacé tout ou partie des planchers, il faut dorénavant “finir” celui-ci…

Si vous avez remplacé les planchers sans sabler, il faudra checker la poutre et les traverses pour les nettoyer et les dégraisser. La brosse électrique fait l’affaire dans 80% des cas…

Si vous vous lancez dans une restauration “budget Américain”, vous opterez pour une finition Epoxy, qui est une peinture très résistante cuite au four, comme celle que l’on trouve sur les appareils électro ménager. Seul un professionnel est en mesure de l’appliquer.

Mais il n’y a rien d’obligatoire là dessus. Deux couches d’apprêt antirouille et une couche de laque noire (ou mieux, de Noir à Chassis) vous permettront de traverser les années sans le moindre souci. De surcroit, la finition n’étant pas primordiale, il est tout à fait possible d’appliquer apprêts et peinture au pinceau, pour peu que l’on ai la place de travailler correctement…

Chassis de Karmann-Ghia typ14 remis à neuf

Vous voici dorénavant en mesure de redonner une nouvelle jeunesse à votre chassis… Dans quelques semaines, la prochaine étape de notre saga “Restauration” vous présentera la réfection du train AV.

Merci à l’aide offerte par Jérôme GAILLARD pour la rédaction de ce dossier