La rénovation d’une VW fatiguée

La coque de votre insecte préféré n’est plus très fraîche ou la base que vous venez d’acquérir a besoin d’une peinture neuve? Voici étape par étape les opérations à mener pour la “rafraîchir” ou la “rénover” de façon correcte. Attention, on parle de travaux de rafraîchissement qui concernent une auto dans l’optique de daily driver ou de loisirs mais pas d’une restauration “show-car à l’américaine” ce qui ne veut toutefois pas dire qu’il faut faire les choses n’importe comment.
Voici la chronologie des opérations de rénovation, en gardant à l’esprit que tout n’est pas forcément à la portée de chacun: le travail d’apprêtage et de peinture devra être confié à un “homme de l’art”, car il faut un sacré coup de main pour éviter coulures et autres pâtés.

Le démontage :
Il faut naturellement enlever un maximum de pièces et accessoires (enjoliveurs, joints, clignotants, pare chocs, feux, baguettes, etc….), sans oublier de bien répertorier et ranger la visserie qui à cette occasion pourra etre changée.
Si vous faites une peinture comprenant aussi l’intérieur vous enleverez naturellement les moquettes, sièges, garnitures, boutons, plastiques, etc…….
Nettoyage :
A l’aide d’une brosse métallique (éventuellement électrique), gratter toute la rouille superficielle, les saletés collées, la terre, les goudrons et autres matières appétissantes que l’ont trouve sous les passages de roues. En cas de présence de blaxon (vous savez, cette matière spongieuse qui stocke l’humidite) cela va être la fête ! Chauffer un peu et gratter un maximum, quand tout est parti, un grand coup d’aspirateur pour éliminer poussiere et autres dépots résiduels.
Le Ponçage :
Avec du papier à poncer de grain 80, enlever tout le brillant de la peinture pour la matter. A l’aide d’une d’une spatule métallique on gratte les cloques de peinture qui peuvent apparaître et on re-poncer. Le top c’est d’être équipé d’une ponceuse excentrique de carrossier. A titre indicatif, avec une ponceuse de ce type et à 3 personnes il nous a fallu 15 heures pour mener à bien cette opération.
Une fois que tout est poncé et propre, on applique du fixateur de rouille (type Frameto ou Depal 9) sur les parties superficiellement corrodées.
Le rebouchage :
les différentes opérations de grattage et de ponçage ayant ammené leur lot habituel de mauvaises surprises, il faut maintenant reprendre les différents trous provoqués par la corrosion, en soudant des rustines de tole qui s’imposent. Dans un premier temps, bien nettoyer et enlever les parties rouillées pour atteindre le métal sain. C’est essentiel, toute “reprise” devant se faire sur du métal sain.

Une fois la partie rouillée assainie, découper et former une greffe qui sera soudée en lieu et place. Ensuite on meule les soudures à l’aide d’un disque abrasif afin d’applanir et faire disparaitre totalement les soudures. On en profite pour pulvériser immédiatement sur les soudures un apprêt phosphatant.

Remarque : Cette opération relève du travail de carrosserie, et une personne maniant bien le poste à souder et ayant une expérience dans le travail du métal est indispensable.

Il est necessaire d’évoquer ce type de travail, car il est hors de question d’utiliser des caches misères type Sintofer ou assimilés qui, au bout de quelques mois “claqueront” et vous offriront ce type de spectacle

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A l’aide de mastic de finition et de papier à poncer, lisser jusqu’a ce plus qu’aucune aspérité n’apparaisse et que le bas de caisse reprenne sa forme initiale.Le bac à batterie et le support de cric étant aussi réparé de la même façon, un joint d’étanchéité sera mis avant passage en cabine. La finition dans ce cas n’éest pas indispensable, par contre on enduira ces zones de stoppeur de rouille (type Frameto ou Depal 9) pour éviter tout problème ultérieur.
Le masquage:
Autre étape indispensable, masquer tout ce qui ne doit pas être peint (pare brise, comodos etc….) et qui n’a pas pu être démonté. On veillera bien à ne pas oublier une partie ou un endroit, la peinture ayant la facheuse habitude de se loger à peu près partout … où l’on ne veut pas !
L’appretage :

Le rôle de l’apprêtage est multiple: protéger de la corrosion dans le cas d’un polyphosphatant, uniformiser la teinte et permettre une accroche facile de la peinture. Avant le passage en cabine TOUT re-nettoyer, avec un aspirateur puis avec un diluant sec pour dégraisser et enlever en profondeur toutes les petites saletés et autres poussières qui auraient pu se redéposer.

Enfin le bout du tunnel, ces 20 heures de travail au pas cadencé (181 oblige …) n’auront pas été vaines. L’apprêt possède l’avantage (ou l’inconvénient) de faire ressortir tous les défauts, d’ou la nécessité d’une bonne préparation. Une fois séché toute la nuit, casser le brillant avec un tampon à gratter vert de type “Scotch Brite”, les plus pointilleux le feront avec du papier de verre à l’eau, pas vraiment indispensable dans le cas d’un 181, militaire de surcroit. On passera alors à l’étape finale, l’application de la laque finale.
Conclusion

Après 3 jours de rénovation, le résultat escompté est là, évidemment en regardant dans le détail, il subsiste encore un certain nombre d’imperfections, qui sont imputable au délai très court dans lequel ces travaux ont été effectués (3 jours) mais aussi (ou surtout) au fait que mon désir était de garder une apparence de vécu au véhicule, reste que le temps se chargera de patiner la peinture.
Il ne reste plus qu’a remonter les différents éléments mais ceci est une autre histoire…. qui ne pose pas de difficulté majeure si l’on a pris le soin de tout ranger et étiqueter sougneusement.

Au final, on se retrouve avec une voiture qui à défaut d’être éligible au titre de “Super Show Car Project of the Millenium Year” a vu ses petits problèmes de corrosion perforante durablement résolus et qui présente une allure plus que présentable. N’est-ce pas le plus important pour passer un maximum de bon temps au volant d’un Flat4 de loisirs ?

avec l’aide et l’expérience indispensable de Claude & Manu ROUSSEL de RCE Carrosserie.