Il y a des fois où l’aide de professionnels s'impose. Car si même il est plaisant de bricoler son flat4 sans compter ses heures, il arrive parfois d’en avoir carrément raz le bol ! C’est pour cette raison que Damien et Fabrice ont décidé, à quelques jours du départ, de confier leur bébé aux spécialistes de Bugs Are Us, à Coutras (33), autre partenaire de leur épopée.
Au programme, réviser tout ce qui ne l’a pas encore était, à savoir, les freins, le refroidissement, une partie de l’allumage et tout un tas de petites bricoles qui une fois cumulées auront leur importance.
…usées jusqu’aux rivets
Et comme ce n’est jamais assez compliqué, nos compères avaient décidé d’effectuer ces réparations mardi 3 octobre, soit le jour d’une certaine tempête très arrosée en Aquitaine. Les 130 kilomètres séparants le Bassin d'Arcachon de l’atelier d’Eric Aguado à Coutras se sont transformés en un véritable périple, l’équivalent de deux heures passées en machine à laver réglée sur programme intensif !!! Imaginez, des rafales à près de 170 km/h de vent au départ du Cap Ferret... Mais rien ne pouvait les empêcher de prendre la route, voir toute la route parfois!
Arrivés humides à 10H00, les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Première étape, le freinage. Démontage des quatre tambours et confirmation des sensations transmises à la pédale, les garnitures arrières sont usées jusqu’aux rivets ! Il était temps. A l’avant tout va bien, il semblerait que le précédent propriétaire (le 181 appartient à Damien depuis le mois de mars) ait au moins changé quelques chose, rassurant…Nettoyage de l’ensemble puis remontage et réglage. Il est désormais temps de s’occuper du moteur qui, même s’il fonctionne correctement, mérite une petite révision.
Le calorstat encore en place, mais n’inspirant pas confiance, est supprimé, les volets seront donc soudés en position ouverte, signifiant une dépose du flat4. Etape réalisée en moins d’une demi-heure par les huit mains misent à disposition du 181 ! Profitant de l’accès facilité aux différents organes de la mécanique, les culbuteurs sont réglés, les joints de cache-culbuteurs, la bobine, la tête d’allumeur et les bougies changés.
Les nerfs sont à vif
Mais voilà, un gros souci va très vite apparaître. Les filetages de trois des quatre bougies sont endommagés. La raison est inconnue mais les faits sont là, l’aventure se complique énormément.
Bien heureusement pour les apprentis aventuriers, leur auto est entre de très bonnes mains et c’est Richard, un des sorciers du garage, plus habitué à réaliser des moteurs perfos qu’à sauver le malheureux logement d’une bougie, qui s’en occupera. L’opération est réussie, le remontage peut débuter, il est 18H00…nmais la batterie qui a rendu l’âme la veille refuse de quitter le navire, l’écrou de fixation est grippé. Les nerfs sont à vif … Tony, le grand manitou de la tôle sous toutes ses formes, décide de s’occuper du problème. Dix minutes, beaucoup de bruit et d’étincelles plus tard, tout est refait à neuf. Il faut désormais courir, en 1200 de 61, chez le revendeur le plus proche.
18h45 la nouvelle batterie et le moteur sont en place. Contact… rien, pas de jus ! La batterie ne fourni que 8 volts. Elle est donc immédiatement échangée, retour à l’atelier. Une fois remontée, la charge de la dynamo est contrôlée pour indiquer un petit 14 volts. Par prudence la tension est prise directement sur l’accumulateur flambant neuf, verdict, 12,9 volts, quel que soit le régime moteur ! Une chute de tension d’un volt sur un si petit trajet indique qu’un souci de plus est en train d’apparaître mais vu l’heure, 20H15, il est largement temps de remercier toute l’équipe pour le travail fourni durant cette journée.
Le retour est donc effectué de nuit avec un voyant de « générateur » très légèrement allumé, la pluie aidant, les essuie-glace sont régulièrement utilisés n’arrangeant rien à ce problème naissant.
181 chargé jusqu’au cou
Depuis, quelques jours ont passé, les trains roulants ont été réglés, la carburation également. De 8% de CO avant le coup de tournevis magique, le 1600 AL repartira en n’émettant plus que 3,7% de monoxyde de carbone. La souplesse est également au rendez-vous puisque le moteur avait tendance, à bas régimes, à brouter à pleine charge, chose révolue aujourd’hui. Damien pensait donc que s’en était fini des réglages et autres interventions mécaniques mais s’était mal connaître sa VW, ou plutôt le suivi réalisé par les précédents propriétaires! Et même si ce n’est pas trop grave, le compteur s’est grippé, cassant par la même deux câbles de compteur coup sur coup ! Ces éléments ont donc été remplacés par du matériel d’occasion fourni une fois de plus par le shop de Coutras, merci qui ? Merci Eric !
Depuis, des pièces commandées chez un spécialiste des 181 et Iltis, en Alsace, sont arrivées et donc à installer. Tout d’abord, la barre de maintien installée d’origine sur le tableau de bord retrouve sa fonction première, rassurer le passager. Des clips de capote manquant ainsi que les pare-soleil auparavant aux abonnés absents, retrouvent du service (c’est Fabrice qui va être content) dans « l’habitacle » surchargé de la VW.
Se trouvent dorénavant à bord, les deux roues de secours obligatoires, la gigantesque cantine contenant les pièces de rechange vitales, deux jerricans, un d’eau ainsi qu’un d’essence, les deux plaques de désensablage (en fibre), la pelle (en PVC), la boîte à outils, et bientôt des vêtements pour les plus démunis des Tunisiens prochainement rencontrés. Sans oublier, les appareils photos, le compresseur portable pour regonfler les pneus à volonté, le GPS, les téléphones et leurs chargeurs, la trousse à pharmacie, les sacs de couchage, les petits matelas, le cric, les sangles de tractage et vous obtenez un 181 chargé jusqu’au coup !
Comme vous pouvez en juger par les photos, les masses sont réparties le plus en avant possible (les roues de secours en 195R15 sont dégonflées pour gagner les quelques centimètres nécessaires à la fermeture des portes arrières…), le tout est sanglé. Vivement les premiers tours de roues dans les dunes !
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Philippe LEVIEZ - Staff Flat4ever
http://blog.flat4ever.com/cox
Le Récit du Raid - Part.1
Le départ et l'embarquement à Marseille !
Elle a tenu !!!!
Magnifique, splendide, excitant, fendard, il n’y a pas de qualificatif assez fort pour décrire ce que nous avons vécu. Ce compte rendu va tout de même tenter de vous faire vivre les meilleurs moments de cette aventure, comme si vous y étiez !!!
Il y a une chose que vous ignorez, j’en suis certain. Car même si vous avez suivi la préparation de notre 181 courant septembre, et que vous avez pu vous rendre compte de certains imprévus, sachez que nous avons eu une tuile à la veille de notre départ pour Marseille. Dimanche 8 octobre, je vidange la voiture, passe l’aspirateur… oui ça ne sert à rien… et installe la cantine avec l’aide de Fabrice mon copilote, jusqu’à là pas de réelle difficulté. Vient l’après midi, nous partons pour le shoot photo. Tout se déroule parfaitement, la preuve la voiture se retrouve sur Flat4ever quelques heures plus tard. Le soir même, alors que je faisais un 58ème tour de pâté de maison histoire de vérifier si tout fonctionnait, la commande de clignotants/phares me reste entre les doigts ! Je suis vert… et décide donc de rendre visite à notre partenaire de Coutras, Bugs are Us, dès le lendemain matin. L’aller-retour et ses 230 km sont pliés en moins de 3 heures. Le tout est remonté dans la foulée. Essai et ça fonctionne, c’est beau ! Il faut désormais charger notre cabriolet, jusqu’à nous dire que nous avons eu les yeux plus gros que le ventre. Nous avions en effet décidé d’embarquer le plus de vêtements possible afin de les redistribuer aux plus nécessiteux, soit une quarantaine de kilos. Un petit récapitulatif qui vous permettra de comprendre pourquoi les roues n’ont cessé de cogner l’intérieur des ailes de l’auto lorsqu’il m’arrivait de sortir la grosse attaque...Fabrice m’appelant parfois Fernando, c’est dire…
Au menu, dans la partie avant, une belle caisse à outils d’une vingtaine de kilos, un cric hydraulique, le matériel photo, un jerrican d’essence. Dans l’habitacle, deux roues de secours installées verticalement contre le dossier des sièges avant (dégonflées sans quoi les portes arrières ne fermaient pas…), 46 kilos, une cantine pleine de pièces de rechange prenant place dans le coffre arrière, 30 kilos. A cela vous ajoutez nos vêtements pour une dizaine de jours soit deux sacs conséquents et vous obtenez une Volkswagen comme on les aime, en baroudeuse au long cours.
Mardi matin, il est 7h30, nous prenons la direction de Marseille et trouvons énormément de vent sur la route. Ce qui ne rassurera pas Fabrice peu habitué à la conduite d’une VW aircooled sur autoroute et dans ces conditions. Même si d’après ces dires, « non non ça va, elle tient bien la route »… Arrivés vers 18H30 à Marseille, nous sommes bien contents de trouver la chambre d’un hôtel situé sur les hauteurs de la ville. Le contrôle technique ayant lieu le lendemain matin à une quarantaine de kilomètre de là, à St Cyr Sur Mer, c’est comme si c’était fait…
Mardi 10 octobre : Les vérifications techniques
Une fois sur place, nous finalisons les inscriptions, et rencontrons quoi ? Ou plutôt qui ? Un deuxième équipage ferret capien, en Land Rover de 1973, personne n’est parfait c’est vrai mais blague mise à part, un véhicule magnifique puisque non peint, laissant ainsi apparaître sa carcasse tout aluminium. Nous serons donc quatre à représenter notre petit coin de paradis, parmi des marseillais, des belges, des parisiens, des bretons…et j’en passe. Les points stipulés dans le dossier d’inscription sont vérifiés par les organisateurs, les stickers posés, le 181 a fier allure mais ne fait toujours que 50 chevaux… Le vrai départ est pour demain…
Mercredi 11 octobre -Jeudi 12 octobre : Le Carthage nous ouvre ses portes
Retour à Marseille et embarquement des 70 véhicules, de l’assistance, des 4X4 de l’encadrement ainsi que des participants à bord du Carthage. Vingt deux heures et quelques embruns plus tard, le port de la Goulette nous accueille sous un soleil timide mais là n’est pas le plus important. Le plus important est que les pneus flambant neuf de ce 181 qui a été préparé, non pas avec amour, mais disons avec attention et sérieux, touchent le sol Tunisien. C’est tout simplement énorme ! Merci qui ? Merci Rétro assurances !!!!
Le Récit du Raid - Part.2 Jeudi 12 octobre : 1ère étape, Tunis-Tabarka, une formalité !
Aujourd'hui, rien de bien compliqué si ce n'est de déchiffrer les notes du road book (une première..), et de mettre de la crème solaire sur le visage puisque notre challenge est de rouler le plus longtemps possible décapoté et pare-brise baissé…personne ne nous a demandé de faire une chose aussi stupide mais il y a des fois ou les explications sont inutiles, comme ici.
Vingt cinq kilomètres plus loin et un demi tour effectué sur la 2x2 voies menant du port à Tunis, une vitre s'est envolée en pleine ligne droite, nous voilà déjà en train de re capoter, il pleut ! Dix minutes plus tard, nous nous arrêtons sur un parking et laissons passer le grain, un orage éclate. Une fois cette intempérie passée, une route devenue très glissante nous fera traverser une région merveilleusement verte sous un coucher de soleil sensationnel. Avec l'anecdote d'une VW "hand made" croisée à la station service !
La première étape se termine donc sans souci, il est désormais temps de prendre possession de notre chambre avec vue sur la mer, au sein de la ville de Tabarka. Première touche locale et pour le moins prenante, l'appel à la prière depuis le minaret, distant de moins de 300 mètres à vol d'oiseau. Ça y est, nous y sommes, vivement demain !
Le Récit du Raid - Part.3 Vendredi 13 octobre : 2ème étape, Tabarka-Gafsa :380 km, direction le Sud !
La plus longue des étapes débute tôt, 8H00 pétante, le plein est fait. Nous partons direction le Sud et ses dunes, motivés comme jamais et forcément décapotés !
Nous décidons de nous écarter du tracé afin de visiter Le Kef, ville charmante située à quelques 130 km au sud de Tabarka. Nous y faisons quelques rencontres comme ces enfants que vous pouvez apercevoir à l’arrière du 181.
Fiers comme des Artabant ces derniers feront bien 2 kilomètres sur le pare choc avant que nous leur expliquions qu’il fallait nous laisser repartir… plus facile à dire qu’à faire… Quelques instants et un pain de 500 grammes acheté plus tard, le road book reprendra ses droits, il reste 250 km.
Châssis fêlé
Le paysage change radicalement au cours de la journée. De forêts vertes et denses nous passons en quelques heures à une région très aride, ce n’est pas encore le désert mais les ressemblances sont là.
La carcasse d’un cheval à seulement 2 km de la route bitumée nous fait dès lors prendre conscience de la dureté du climat. Petite pause photos, un peu plus loin…et nous voilà reparti jusqu’au bout cette fois ci. Le 181 fonctionne de mieux en mieux et consomme de moins en moins, 9 litres aux 100 kilomètres, un vrai régal au volant.
L’hôtel qui nous attend à Gafsa va se transformer en atelier de SAV une bonne partie de la soirée. Etonnant, il faut le souligner, car les routes tunisiennes sont dans un état plus qu’honorable, bien plus que certaines autos, c’est certain ! Un châssis fêlé pour une TR6, une lame de suspension pour l’un, une fourchette d’embrayage pour l’autre mais il vrai, notre VW n’échappe pas à la dure loi de la mécanique, les phares sont réglés trop bas… Le niveau d’huile moteur n’a toujours pas bougé malgré 1600 km parcourus depuis le début de la semaine. Etonnant.